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Le parcours d’un boursier : renforcer les soins orthopédiques au Sénégal grâce au développement des compétences

Un partenariat entre l’Institut supérieur d’études paramédicales de Mbour (ISEM) et le Collège Montmorency au Canada vise à remédier à la pénurie d’orthésistes et de prothésistes qualifiés au Sénégal. Dans le cadre de l’ bourse de formation avancée en orthèse et soins orthopédiques — un projet financé par Affaires mondiales Canada via le programme BCDI 2030 —, huit diplômés de l’ISEM ont passé quatre mois au Canada pour suivre une formation menant à un diplôme de niveau collégial en orthèses, prothèses et soins orthopédiques.

Nous avons eu le privilège de nous entretenir avec l’un de ces boursiers, M. Sydney Constantino Suwa Manga, qui a terminé sa formation au Canada en décembre 2025.

« Au début de mon parcours, j’ai obtenu deux diplômes : l’un en administration des affaires et l’autre en délégation médicale. Je me suis ensuite orienté vers le domaine de l’orthopédie.

J’ai toujours été quelqu’un de manuel : j’aime bricoler, comprendre comment les choses fonctionnent et les métiers techniques m’ont toujours intéressé, en particulier la mécanique. Au Sénégal, répondre aux besoins des personnes en situation de handicap est une priorité absolue et ce secteur commence à connaître une évolution rapide. Contribuer à ces progrès et aider à répondre à ces besoins sont des motivations majeures dans ma carrière et renforcent mon engagement en faveur de son développement.

Au Sénégal, répondre aux besoins des personnes en situation de handicap constitue une priorité urgente et ce secteur commence à connaître une évolution rapide. Contribuer à ces progrès et aider à répondre à ces besoins sont des moteurs essentiels de ma carrière et renforcent mon engagement en faveur de son développement.

Avant de débuter ma certification au Collège Montmorency, je contribuais déjà, au Sénégal, à un centre qui produit l'appareillage et j’ai très rapidement compris que les nouvelles technologies, l’appareillage, évoluent très vite.

Dès mon arrivée au Canada, j’ai d’abord réalisé à quel point nos modes de production au Sénégal avaient besoin d’innovations. Ici, tout était nouveau pour moi : la stratification, les outils, l’équipement, l’organisation des ateliers… surtout dans le domaine de l’appareillage. L’utilisation de l’informatique, par exemple, est presque inexistante chez nous. J’ai donc pu perfectionner mes connaissances, apprendre la stratification, une compétence qui me servira de levier durable dans le métier.

La vitesse à laquelle le secteur évolue m’a permis de comprendre que ce métier constitue également un socle indispensable au développement des pays africains. La santé, et plus particulièrement l’orthopédie, est indéniablement un pilier de nos sociétés. Lors de mon apprentissage au Canada, on nous a enseigné, par exemple, une méthode que nous n’utilisons même pas encore au Sénégal… et déjà, elle est en train d’être remplacée par l’impression 3D.

Ça m’a frappé : quelque chose peut devenir archaïque alors que certaines régions du monde ne l’ont même pas encore adoptée. J’espère vraiment qu’au Sénégal, ou ailleurs, nous pourrons en bénéficier durablement en collaborant et apprenant conjointement de ces innovations à plusieurs échelles. Mon expérience et mes constats en sont un exemple concret. Le transfert des connaissances est inéluctable aux avancées du secteur, l’éducation en constitue un pont essentiel.

D’ailleurs, l’un des aspects les plus surprenants de mon expérience a été le support académique des professeurs. Tout au long de mon expérience, l’environnement académique canadien m’a permis de non seulement acquérir des compétences utiles à mon métier mais également de comprendre que ce secteur est en pleine transformation et exige une adaptation constante.

C'est ce pont que je souhaite construire ; l'esprit d'entreprise canadien a renforcé ma détermination à répondre aux besoins des personnes en situation de handicap au Sénégal ! J'espère mettre en pratique les compétences que j'ai acquises — notamment en matière d'ajustement d'orthèses — et les adapter au contexte local, voire continental.

J'ai déjà commencé à peaufiner quelques idées, à identifier les outils dont j'aurai besoin et à réfléchir à des projets concrets. J’ai remarqué, par exemple, que les semelles orthopédiques fonctionnent très bien au Canada. Au Sénégal, elles sont malheureusement presque inconnues, malgré un besoin évident. Je me suis donc demandé : pourquoi ne pas tenter l’expérience à mon retour ?

Trois photos de Sydney Constantino

La compétence que j'ai acquise pendant mon séjour au Canada et qui m'est la plus utile aujourd'hui, c'est que je suis devenu plus attentif : je suis capable de détecter, grâce à l'observation, même les imperfections physiques les plus subtiles chez mes patients. De plus, je suis devenu plus précis dans mes corrections sur les modèles en plâtre, ce qui fait que les gens me font beaucoup plus confiance qu'auparavant.

Si je pouvais donner un conseil aux futurs boursières et boursiers qui entameront leur formation, ce serait d’acquérir des expériences pratiques à l’échelle internationale à travers des initiatives comme le BCDI 2030. Avec l’évolution rapide du métier, ces expériences sont essentielles pour répondre aux besoins existants à plusieurs niveaux.

Depuis mon retour au Sénégal, j'ai repris le stage que j'avais interrompu pour partir au Canada. Je travaille dans un centre privé de la région de Zinguinchor, dans le sud du pays. Je collabore également avec les autres boursiers du programme BCDI 2030 du Collège Montmorency à la création d'une coopérative orthopédique, SenVisionOrtho.
 
Je mets à profit tout ce que j’ai appris au Canada pour répondre aux besoins locaux de mon pays, tout en espérant renforcer ce pont entre le Canada et l’Afrique.

Au cours des cinq prochaines années, mon objectif principal est d'essayer de devenir encore plus autonome, d'acquérir de nombreuses compétences et, qui sait, peut-être un jour de devenir mon propre patron. Ma profonde gratitude va à ceux qui ont facilité mon intégration notamment le BCDI 2030 pour cette opportunité, le corps professoral du Collège Montmorency, ainsi que l’ensemble de la cohorte avec qui je partage les mêmes ambitions. »

Ma profonde gratitude va à ceux qui ont facilité mon intégration notamment le BCDI 2030 pour cette opportunité, le corps professoral du Collège Montmorency, ainsi que l’ensemble de la cohorte avec qui je partage les mêmes ambitions. »

L’autonomisation des jeunes Africaines et Africains, tout comme le renforcement de la coopération entre le Canada et le continent africain dans le domaine de la santé mondiale, revêt une importance stratégique dans le contexte international actuel. Conscient de cet enjeu, le BCDI 2030 réaffirme son engagement à contribuer de manière concrète et durable à ces dynamiques, notamment par le transfert de compétences et la circulation des savoirs.

À travers ses projets, le BCDI 2030 offre aux personnes un accès à une éducation inclusive et de haute qualité afin d’améliorer leur employabilité dans leur pays d’origine.

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