À l’intersection de la médecine, de l’épidémiologie et de la santé publique : le parcours de Khardiatou Barro

De Dakar à Montréal, un engagement pour la recherche, la prévention et le renforcement des systèmes de santé en Afrique de l’Ouest  

Par Fanny Constantino, spécialiste en communication.  

À l'occasion de la Journée internationale des femmes, nous avons eu le privilège de nous entretenir avec Mme Khardiatou Barro, doctorante en santé publique à l'Université de Montréal et boursière BCDI . Bourse de formation afro-canadienne « One Health » fait partie du programme des Bourses canadiennes de développement international 2030 (BCDI ). Il vise à former des experts au Bénin, au Burkina Faso et au Sénégal, comme Mme Barro. Elle étudie au Canada depuis août 2025.

Vous trouverez ci-dessous son témoignage :  

« Mon parcours s'inscrit à l'intersection de la médecine, de l'épidémiologie et de la santé publique, avec un fort ancrage dans les enjeux de santé en Afrique de l'Ouest et particulièrement au Sénégal. Je suis médecin de formation et avant même de soutenir mon doctorat en médecine, je me suis intéressée à la santé publique.   

Sur le terrain, je me suis rendu compte que beaucoup de maladies qu'on prenait en charge à l'hôpital étaient en réalité liées à des facteurs qu'on pouvait éviter tels que les conditions de vie, le manque de prévention ou encore les limites du système de santé. C. Ce constat m’a amenée à m’orienter vers l’épidémiologie, avec l’envie de mieux comprendre les déterminants de la santé et de produire des données utiles à la décision.

Au fil de mon parcours, j’ai travaillé sur plusieurs thématiques, notamment les maladies non transmissibles, et j’ai également contribué à des activités en santé publique au sein du ministère de la Santé et de l’Action sociale au Sénégal. Avant la fin de mes études en médecine, j’ai aussi acquis une expérience en maladies infectieuses, ce qui a renforcé mon intérêt pour les approches intégrées. Ce constat m’a amenée à m’orienter vers l’épidémiologie, avec l’envie de mieux comprendre les déterminants de la santé et de produire des données utiles à la décision.

Mon projet vise donc à évaluer l’efficacité d’interventions sur les connaissances, attitudes et pratiques des populations sénégalaises en lien avec ces maladies, afin de produire des données scientifiques capables d’éclairer les décisions publiques et de renforcer les actions de prévention à l’interface entre santé humaine, santé animale et santé environnementale. À moyen et long terme, mon ambition est de contribuer au renforcement des systèmes de santé en Afrique en combinant la recherche, la formation et le transfert de connaissances, et en appuyant l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données probantes.

Au Sénégal,  je m'étais d’ailleurs engagée dans des initiatives collectives tant au niveau institutionnel qu'au niveau communautaire, et j'ai aussi contribué à la coordination de projets de recherche d'envergure nationale, à savoir l'Enquête sur les facteurs de risques non transmissibles. J'y ai joué le rôle de point focal et principal. J'ai donc praqtiquement assuré la totalité de la coordination scientifique de cette enquête-là. L'objectif de ce projet a été de fournir des données nationales actualisées. J'ai compris, à travers cette expérience, que je suis capable de diriger un projet scientifique d'envergure majeur et ce, dès le début de ma carrière, tout en respectant les standards internationaux.

Ici, au Canada, je poursuis cet apprentissage et je souhaite acquérir des connaissances et des outils que je pourrai mettre au service de mon pays et plus largement, de mon continent. Il me paraît essentiel de contribuer au renforcement des systèmes de santé en combinant la recherche, mais aussi la formation et le transfert des connaissances acquises au Canada.

Je souhaite également m’impliquer dans l’élaboration de politiques publiques et dans l’autonomisation des femmes. De nombreuses femmes, en particulier dans les zones les plus reculées, ne disposent pas d’une réelle autonomie. Or, l’autonomie financière et, plus généralement, l’autonomie décisionnelle constituent des leviers majeurs pour leur permettre de s’intégrer dans des activités génératrices de revenus et de laisser une empreinte durable.

Si je devais adresser un message aux futures et futurs boursières et boursiers, je dirais Saisissez cette chance ! Cette expérience favorise les échanges, le partage d’expertise et le transfert de compétences, qui sont essentiels pour répondre à des besoins locaux et régionaux parfois difficiles à combler autrement. Au sein de l’Université de Montréal (UdeM), non seulement je reçois une formation de qualité mais je suis aussi encadrée par d’excellents professeurs très disponibles et toujours à l’écoute à savoir Pr. Thomas Druetz et Pr. Muriel Mac-Seing.

Je terminerais en remerciant ceux qui ont facilité mon intégration notamment, l’UdeM internationale, la cohorte 2025 du doctorat de santé publique de l’UdeM, les membre de mes deux labos SAPRIME et Solidarités Global Health ainsi que la communauté sénégalaise de l’UdeM ».

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